Le développement de l’aéroport de Genève, aussi une question de santé publique !

L’aéroport de Genève a un impact important sur la santé publique, un élément important à prendre en compte à l’heure du vote sur l’initiative « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève ». De nombreuses études scientifiques ont montré les effets délétères du bruit et de la pollution atmosphérique sur les populations vivant proches de l’aéroport.

 

 

Concernant le bruit, l’OMS a publié en 2018 un rapport complet sur les atteintes à la santé liées au bruit. 15 pages sont consacrés au bruit engendré par le trafic aérien. Un bruit moyen supérieur à 45 DB est associé à des atteintes à la santé : Il affecte la qualité du sommeil, le temps d’endormissement, le nombre de réveils prématurés, la durée totale du sommeil ainsi que sa profondeur. Pour une exposition au bruit de 40 dB le pourcentage de troubles du sommeil se situe à 11% d’une population étudiée. Ce dernier augmente pour atteindre 40% lors d’une exposition au bruit de 65 Db. Pour mémoire le cadastre de bruit de l’aéroport de Genève mentionne des valeurs de bruit entre Genthod et Versoix se situant entre 60 et65 DB. A noter que ces valeurs reflètent le niveau sonore moyen et que de nombreux auteurs recommandent d’intégrer les indices de bruits liés à un événement unique très bruyant, lors du décollage notamment.

Le bruit a des impacts négatifs encore plus grands chez l’enfant où l’exposition au bruit été associée, à une diminution des capacités d’apprentissage de lecture et de mémorisation. Une augmentation des événements cardio-vasculaires découle aussi d’une exposition trop forte aux bruits. Une étude réalisée par les Universités de Berne et Bâle a montré un taux d’infarctus mortel de 48% supérieur parmi une population résidant à proximité des aéroports.

Concernant la pollution de l’air, de nombreux polluants sont générés par l’activité aéroportuaire dont le plomb, les particules fines, l’ozone ou le monoxyde de carbone pour les plus connus. Ces derniers ont un rayon d’action extrêmement large. Loin de se confiner au voisinage des aéroports certains peuvent se mesurer à des concentrations toxiques à plusieurs kilomètres de la zone d’émission et à plusieurs centaines de mètres d’altitude en fonction du vent et des conditions météorologiques. Ainsi à Genève, les habitants de la rive gauche, s’ils sont relativement protégés des nuisances sonores, peuvent également être exposés de manière importante aux polluants atmosphériques.

Ces polluants ont des effets graves sur notre santé. Augmentation de la fréquence des crises d’asthme chez l’enfant, du nombre d’admissions hospitalières pour des causes respiratoires, de la mortalité d’origine respiratoire et du cancer parmi les populations riveraines.

A Genève une récente étude a été mandatée par le Conseil d’Etat et réalisée par l’Université de Genève a conclu sur un doublement de la mortalité à l’horizon 2030 parmi les populations exposée, ainsi qu’à une forte augmentation des coûts sanitaires induits par la pollution sonore et atmosphérique.

En conclusion l’empreinte écologique du développement de l’aéroport de Genève et ses effets négatifs sur la santé humaine ont fait l’objet de multiples études et sont devenus une évidence scientifique incontestable.

Ne pas tenir compte de ces évidences se ferait au mépris du savoir scientifique actuel et engendrerait un accroissement de la morbidité, de la mortalité et des coûts sanitaires. Il convient donc au peuple genevois de corriger cette évolution irresponsable en votant OUI à l’initiative et NON au contre-projet le 24 novembre.

 

                                                                                                              Dr J.-P. STAMM, médecin à Versoix

 

                                                                                                                             

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