Genève Aéroport : un débat qui peine à décoller

La campagne pour l’initiative 163 a bel et bien commencé. On le lit dans la presse et on en sature déjà sur les réseaux sociaux. C’est notamment grâce à une poignée de membres du conseil d’administration de Genève aéroport, qui descendent de leur tour de contrôle pour répandre dans toute la république un discours du siècle passé. On se demandera au passage si c’est leur rôle. Mais on se bornera déjà à regretter le niveau de leur argumentation : traiter les initiants d’ «opportunistes », de « propriétaires mécontents », « partisans de la décroissance », « adeptes du populisme environnemental », « menteur » et autres. Des propos blessants, dénigrants, et surtout révélateurs. En fait, nos opposants n’ont toujours pas compris l’importance d’un vrai débat. Leur stratégie consiste à décrédibiliser les porteurs de l’initiative plutôt qu’à démontrer pourquoi elle ne leur convient pas, ce que nous déplorons.

Dans ce contexte, et dans l’espoir d’éviter tout dérapage, nous proposons de revenir sur le fond, avec une approche raisonnée de la discussion citoyenne qu’on nous refuse. Quelques rappels.

14 400. C’est le nombre de signatures déposées à la chancellerie. Récoltées en quelques mois par des riverains et des associations environnementales, qui ont ensemble élaboré le texte de l'initiative. Nous avons l’audace de croire qu’un tel engagement populaire est le signe d’une prise de conscience. C’est le signe que les Genevois connaissent le rôle économique de cet aéroport urbain. Mais c’est aussi une façon pour les Genevois de dire que le degré de nuisances a atteint le niveau de saturation.

2 ANS. Le temps d'attente pour pouvoir enfin voter sur notre initiative. Et ce après qu’un contre-projet porté par le PLR vienne enlever à nos propositions leur substance. Pendant ces deux ans, le débat et les doléances des Genevois sont restés au fond du hangar. Pendant ce laps de temps, le PSIA (plan sectoriel d’infrastructure aéronautique), qui est censé donné un cadre à l’aéroport jusqu’en 2030, a été adopté après une soit disant consultation de un mois, pendant les vacances de Noël…

25. Le nombre d’associations et de partis qui soutiennent aujourd’hui notre initiative. Des citoyens et des collectifs qui se préoccupent du futur de notre canton et qui demandent à ce qu’on puisse concilier économie, environnement et qualité de vie.

26.C’est le nombre de communes qui font partie de l’Association transfrontalière des Communes genevoises riveraines de l'aéroport, et qui SOUTIENT cette initiative. Des communes avec des exécutifs de droite, de gauche et du centre, dont le dénominateur commun est de devoir subir chaque jour de lourdes nuisances sonores et atmosphériques. Sans pouvoir dire un mot sous le sillage des charters.

On peut comprendre que les milieux économiques et Genève aéroport aient peur. Pour la première fois, des citoyens osent remettre en question des certitudes dépassées sur leur institution et son insertion dans un paysage qui n’est pas le leur. Nous sommes en démocratie et le débat est plus que normal, surtout quand il a attendu plusieurs décennies. Calmons-nous. Nous tendons aujourd’hui la main à nos opposants et nous espérons sincèrement que la campagne pourra se dérouler dans un climat constructif, respectueux et ouvert. Notre initiative mérite un débat de fond, l’aéroport aussi.

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