Le reveil-matin et une leçon du COVID

L’épisode COVID m’a permis de retrouver des sensations oubliées : tout simplement, me faire réveiller à l’heure que je veux par mon réveil matin plutôt que par le vol Genève-Zurich de 06:10. Ayant la chance de vivre depuis plus de 30 ans à Satigny, commune rurale où l’on suppose une certaine douceur de vivre, j’avais oublié qu’on pouvait sortir de chez soi sans entendre la sourde et quasi permanente rumeur des réacteurs d’avions embarquant, pour une grande partie, des vacanciers « low cost » (mais « high cost » sur l’environnement). J’avais oublié que le ciel peut être uniformément bleu et non pas quadrillé de blanc par le passage de centaines d’avions en altitude.  

La crise du COVID m’a enseigné d’autres choses. J’ai appris que certains politiciens n’admettent le danger que lorsqu’ils le subissent directement (ou que leur électorat le subisse). Ces dirigeants, sceptiques irrationnels, ont contesté les effets du COVID malgré les injonctions des scientifiques et des médecins jusqu’à ce qu’eux-mêmes ou leurs proches tombent malades. A ce moment-là seulement ils ont mis en oeuvre les mesures recommandées par les scientifiques, avec un retard qui a coûté des vies. Leur chance est que le COVID s’en ira un jour ou l’autre et que la situation sanitaire reviendra plus ou moins à la normale. Mais il aura fallu qu’ils soient directement touchés par la maladie pour qu’ils admettent le problème et prennent des mesures.

Le parallèle avec le réchauffement climatique et l’inaction de la majorité des dirigeants de la planète m’est alors apparu comme une évidence. Chacun de nous, en Europe comme dans tous les pays du monde, commence à en ressentir les effets. Les records de chaleur s’accumulent. Malgré cela, les politiciens tergiversent, doutent et relativisent les résultats scientifiques. Bref, de peur de ne pas être réélus, ils n’osent pas agir et assumer leur responsabilité de protéger la population. Ils se comportent comme les sceptiques irrationnels du COVID. Mais, contre un réchauffement climatique hors de contrôle, il n’y aura pas de vaccin. Le réchauffement sera là pour les siècles à venir.

La plupart des scientifiques qui ont étudié le réchauffement nous enjoignent de prendre immédiatement des mesures (comme d’autres scientifiques l’ont fait pour le COVID). Nous avons aujourd’hui une occasion historique de ne pas laisser le trafic aérien repartir comme si le réchauffement n’existait pas. Ne laissons pas les politiciens relancer la machine à CO2 sans retenue (l’aviation en est à Genève la source principale avec le chauffage domestique). Il n’y a qu’une prise de conscience citoyenne qui puisse nous sauver.

Philippe Dugerdill, habitant de Satigny

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