Luxe, calme et volupté

Ces mots prononcés par le président de l’association française pendante de L’ARAG (association des riverains de l'aéroport de Genève), l’AFRAG, en référence au poème de Baudelaire dans « l’invitation au voyage », traduit bien mon sentiment et mon vécu comme riverain de l’aéroport depuis l’état d’urgence décrété par le Conseil fédéral le 16 mars.

J’habite une ancienne maison familiale située à une distance de 2,6 km à vol d’oiseau de l’aéroport et pratiquement dans l’axe. Autant dire que je vis avec les avions, d’ailleurs depuis des décennies.

Cette situation particulière et unique, presque plus d’avions, ce calme ambiant me montre ce que pourrait être un mode de vie normal.

Ne plus être réveillé à 6h01 par le premier vol, ne plus subir un continuum de bruit lors des décollages de 6h30 à 8h00, pouvoir laisser les fenêtres ouvertes de longs moments, écouter le chant des oiseaux autrement qu’entre 2 avions, être dans le jardin et sentir les parfums printaniers, pouvoir dialoguer sans être interrompu par le passage d’un avion, respirer de l’air pur, sans les suies qui encrassent les sols et les poumons, ne plus attendre minuit pour m’endormir et ainsi disposer d’un long sommeil, regarder le bleu du ciel immaculé qui n’est plus zébré par les traînées de condensation.

Bien sûr, je ne suis pas insensible aux convulsions du monde générées par cette pandémie mais je souhaiterais, pour paraphraser la parole multiprise d’Alain Berset, que « le retour à la normale » s’effectue aussi lentement que nécessaire et non aussi rapidement que possible.

Alain Rosset, Président de l'ARAG

 

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