Redécollage des avions à Genève : de nouvelles règles du jeu sont indispensables

En novembre dernier, les citoyennes et citoyens genevois ont clairement accepté l’initiative pour un pilotage démocratique de l’aéroport, qui ancre dans notre Constitution la limitation des nuisances de l’aéroport.

La période de semi-confinement instauré depuis le 13 mars dernier a mené à une situation paradoxale pour la population riveraine de l’aéroport. Confinée chez elle, elle a néanmoins bénéficié de conditions de vie nettement améliorées. Avec l’arrêt de presque tous les vols, la pollution sonore et atmosphérique qui empoisonne la vie quotidienne des riveraine-e-s a disparu, laissant la place aux chants des oiseaux et à la possibilité de profiter de son balcon ou de son jardin.

Cette situation n’est pas destinée à durer. Les premiers vols recommencent déjà. C’est néanmoins une occasion unique de réfléchir à l’avenir d’un aéroport qui serait bien intégré dans son territoire. Le redécollage des avions doit se faire dans le respect de l’environnement et des riverain-e-s, comme le demande l’initiative plébiscitée par la population genevoise. La CARPE a adopté plusieurs revendications pour le redémarrage de l’aéroport et s’engagera auprès des autorités pour que les nouveaux articles constitutionnels soient mis en œuvre dans le cadre du déconfinement.

Pour relever le défi climatique et répondre à l’intérêt public en matière de santé, l’aéroport doit s’orienter sur ce qui sert directement la région genevoise : les vols stratégiques pour l’économie et la Genève internationale. Mieux cibler et réduire la voilure, c’est la demande de la CARPE en faveur d’un aéroport tourné vers les intérêts de Genève.

Si le Canton de Genève était amené à apporter un soutien extraordinaire à l’aéroport, il est essentiel qu’il permette d’accompagner l’aéroport dans sa nécessaire transition pour une activité plus respectueuse de l’environnement et à des garanties en matière de conditions de travail. Il s’agit de respecter le mandat populaire et de s’inscrire dans l’avenir.

 

Pour cela, la CARPE demande :

  • La limitation des horaires et la fermeture de l’aéroport de 22h à 7h pour permettre une véritable nuit de sommeil aux riverain-e-s.
  • La mise en en place d’une étude sérieuse sur les destinations desservies par l’aéroport véritablement nécessaires à l’économie genevoise et à la Genève internationale, en particulier avec une analyse des motifs de déplacement des différentes destinations et des destinations finales des voyageurs ou marchandises entrant et sortant pour chaque ligne.
  • L’engagement du Conseil d’Etat auprès du Conseil fédéral pour une réduction substantielle des vols pour lesquels une liaison ferroviaire de moins de 6h existe, grâce à un partenariat efficace avec les transports ferroviaires.
  • Un engagement fort du Conseil d’Etat auprès du Conseil fédéral pour le développement de trains de nuit qui sont une véritable solution alternative à l’aviation et qui doit être encouragée surtout en phase de déconfinement.
  • La mise en place de véritables outils de mesure des pollutions sonore et atmosphérique de l’aéroport afin de pouvoir aussi fixer des limites pour les différents polluants.
  • Une révision du PSIA (Plan sectoriel d’infrastructure aéronautique) qui prenne en compte la baisse drastique du trafic dû à la pandémie et propose de nouveaux modèles pour le développement de l’aéroport.
  • Un engagement du Conseil d’Etat auprès du Conseil fédéral pour que la Suisse joue un rôle moteur dans la négociation Européenne sur la taxation du kérosène.
  • Une concertation pour les vols internationaux entre Genève et Lyon, ainsi que l’engagement pour améliorer la liaison ferroviaire entre les deux lignes.
  • Une amélioration substantielle des conditions de travail des employés de l’aéroport et un meilleur contrôle de ces dernières.
  • Une aide à la reconversion pour les employés de l’aéroport qui le souhaitent, notamment dans des secteurs durables comme le trafic ferroviaire.

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